New York, Etats-Unis – La musique de la violoniste Mari Kimura comprend des sons qui défient les lois de la physique acoustique.
Compositrice et violoniste virtuose, Mari Kimura intrigue les scientifiques. Une partie des sons qu’elle produit avec son violon ne peuvent en théorie être obtenus que grâce à un violoncelle.
En effet, les sons émis par les instruments à cordes frottées résultent de vibrations. La longueur de corde est raccourcie par les doigts de l’instrumentiste qui obtient ainsi des sons plus ou moins graves ou aigües.
Or, les sons que Mari Kimura arrive à produire devraient logiquement requérir une longueur de corde plus grande que celles d’un violon.
Une équipe de scientifiques norvégiens a décidé d’étudier ce phénomène, espérant résoudre cette énigme acoustique.«
Heureusement, un certain Rizk Wilson sur le forum de Zigonet, éclaire notre lanterne sur ce curieux phénomène physique :
« En fait rien n’est sorcier dans ce phénomène, car ici nous sommes en présence d’un effet connu en acoustique qui s’appelle le son différentiel.
En effet si on fait entendre à la fois deux sons de fréquences respectives f1 et f2, on entend le son de fréquence f1 – f2 qui pourrait être plus basse que chacune des fréquences f1 ou f2 donc qui correspond à une longueur de corde plus longue.
Par exemple la violoniste émet avec son violon deux notes à la fois en utilisant la technique de la double corde (archet qui touche deux cordes à la fois) fait entendre simultanément les notes disons La3 et Mi4 (440 et 660 Hz) fait aussi entendre le son de fréquence 220 Hz qui correspond à la note La2 plus grave qui correspond à une longueur de corde plus longue.
Heu…voilà c’est clair non ?
le site de l’IRCAM (pour en savoir plus sur le son)
Mari Kimura travaille à développer ce phénomène acoustique particulier des sous-harmoniques avec son violon, et elle fait aussi des recherches avec des systèmes d’ordinateurs interactifs, des robots, des sensors (qui sait ce que c’est que ça ?)…une violoniste expérimentatrice du 21e siècle !
son blog sur les « subharmonics ».
un exemple sonore de sous-harmonique sur son site
Par exemple, sur cette video, elle dialogue avec ce drôle d’instrument, un robot guitare : le « guitarbotana ». Je ne suis pas vraiment fan de cette musique, mais cela crée un curieux mélange, ce face à face en temps réel entre un humain et un robot…Qu’en pensez-vous ?









1 commentaire
Flux de commentaires pour cet article
23 août 2008 à 5:07
Papageno
Les sous-harmoniques par différence entre deux fréquences sont un phénomène bien connu des facteurs d’orgue qui l’utilisent pour tricher. Si on fait entendre simultanément le do et le sol grave d’un jeu de 8′ on entend alors très distinctement un autre do une octave en-dessous du premier (correspondant à la différence des deux fréquences). Avec un cablâge adéquat, on peut ainsi simuler un jeu de 16′ sur un orgue qui n’a que des tuyaux de 8′. Pour les notes les plus graves, à l’oreille, l’illusion est parfaite.
Avec un violon ou un alto ça marche beaucoup moins bien (essayez do puis do-sol sur votre alto: on entend un peu un do grave fantôme mais l’effet est assez faible).
Cependant ça n’est pas la technique utilisée par cette violoniste manifestement, qui joue sur une seule corde mais avec une vitesse et une pression d’archet bien choisies pour faire « sortir » le sous-harmonique. ça serait un peu long à développer, mais pour qu’on entende une note, pas besoin que le fondamental soit présent: il suffit que les partiels au-dessus ressemblent à ceux d’un mi grave de violoncelle pour qu’on entende un mi grave de violoncelle. Les lois de la physique sont donc bien respectées ! Disons que les sous-harmoniques sont des illusions acoustiques comme il existe des illusions d’optique.
Les sous-harmoniques existent aussi pour les instruments à vents, de la flûte au trombone. C’est plus ou moins moche à entendre selon les instruments et les instrumentistes…
Papageno